Une bonne condition physique pour chanter

Et oui, mieux vaut avoir une bonne condition physique pour chanter !

Evelyne Lagardette, soirée Clubvip
Evelyne Lagardette, soirée ClubVIP

J’ai toujours trouvé que dans l’enseignement du chant, on n’était pas assez préparé à l’engagement physique que demande une carrière de chanteur. On ne s’en rend pas compte au départ, mais cela exige quasiment un travail d’athlète. Vrai, telle qu’on me voit, je suis une athlète… C’est bien caché, je l’avoue !

Peut-être que les choses ont évolué dans l’enseignement maintenant… En tout cas, je l’espère pour les chanteurs !

Quelle condition physique pour chanter ?

Les nouveaux élèves sont souvent étonnés de l’engagement physique qu’il faut pour chanter. Certains sont même épuisés après avoir  chanté seulement une chanson un peu tonique. C’est là qu’ils commencent à se rendre compte du travail corporel nécessaire. Et de tout ce qui est nécessaire physiquement pour être un chanteur professionnel, sans parler du talent, bien sûr !

Une activité qui nécessite une bonne dépense calorique.

Il faut mobiliser plus de 190 muscles quand on chante ! Un chanteur wagnérien peut émettre jusqu’à 120 décibels ! Comment croyez-vous qu’on fait tout ça ? Avec des calories bien sûr !

Donc imaginez un opéra comme Tristan et Isolde de Wagner qui dure plus de 3h30, où Isolde est quasiment tout le long sur scène à chanter à pleine voix, sans micro, avec un orchestre de plus de 100 instruments, dont beaucoup de cuivres ! Ma prof de chant avait rencontré Kirsten Flagstad, une des interpètes phares de ce rôle, pendant l’entracte d’une de ses représentations : elle mangeait un gigot d’agneau à elle toute seule, arrosé d’un peu de vin (un litre de bourgogne, je crois !). C’est qu’il lui fallait du répondant dans les muscles et le souffle pour tenir le coup dans ce rôle démentiel d’énergie. A ma connaissance, le seul autre rôle demandant autant de dépenses physiques est celui de Turandot, de Puccini.

Mais que dire aussi de tout récital par un chanteur pop qui chante et saute un peu partout pendant une, deux ou trois heures ! Même s’il a un micro, il faut tout de même produire les sons !

Une bonne résistance aux maladies

C’est évident, mais il ne faut pas s’enrhumer à tire-larigot ! Il faut pouvoir compter sur son corps à n’importe quel moment pour faire face aux contrats.

Donc faire attention à avoir toujours une bonne vitalité, suffisamment de fer pour n’être pas anémié, une bonne défense immunitaire, bref une bonne santé.

Si la santé et la vitalité sont déficientes, on ne peut envisager le chant qu’en amateur, même si le talent est bien là !

Des muscles qui savent répondre aux sollicitations précises.

Comme je l’ai dit plus haut, plus de 190 muscles sont sollicités pour chanter. Il faut apprendre à les coordonner et à les faire agir précisément et à bon escient.

Que ce soit les muscles du cou et du visage pour la phonation, les muscles du corps pour la respiration, il faut qu’ils soient entraînés, toniques mais souples, sachant répondre aux exigences de la musique et de l’interprétation, mais aussi de la mise en scène : à l’opéra, où l’on chante dans toutes les positions imaginables et souvent couchés, à l’opérette ou la comédie musicale où l’on joue, chante et danse, au concert où l’on bouge et danse aussi parfois !

Par rapport au cours de chant où l’on est statique, il va falloir apprendre à gérer ses sons et toute sa technique corporelle en l’adaptant aux mouvements, sans oublier la musique (rythme et mélodie !).

Un cerveau capable de gérer tout ça !

C’est qu’il est très sollicité : il faut pouvoir retenir les morceaux, les mises en scène et chorégraphies, et faire face aux divers ratés (ou autres événements) pouvant survenir et les corriger très vite pour que le public ne remarque rien. Donc grande vivacité d’esprit !

Et en plus, une bonne résistance au stress et au trac pour ne pas perdre tous ses moyens !

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