La pose de la voix : quelques éléments.

« Pose de la voix » , que signifie ce terme ? On emploie aussi dans le même sens « place de la voix ». En fait il s’agit de se servir de sa voix de façon à ce qu’elle soit sonore, fluide et tout cela sans fatigue. Pour cela on va la diriger de telle ou telle manière selon la hauteur du son. (Pour mémoire, revoir le schéma de Lili Lehmann, ci-dessous.)

sensations utiles à la pose de la voix

Il s’agit d’un phénomène assez complexe, car il met en cause une synergie de plusieurs éléments. Pour bien placer sa voix, il faut optimiser à la fois sa respiration, ses sensations de résonance,  la position de la langue et celle du larynx. Ce serait donc trop long et trop complexe pour tout aborder dans ce post. Il s’agit juste d’une approche.

Principes de base :

  1. Tout d’abord, un élément doit rester présent à l’esprit et surtout dans tout le corps : il ne doit y avoir aucune tension, NULLE PART.
  2. Quoi que l’on fasse, il doit y avoir toujours mouvement, ce qui va permettre d’éviter toute tension. Jamais le corps ne doit être bloqué dans un mouvement figé, à quelque moment que ce soit.
  3. Le larynx doit toujours rester comme en apesanteur. Pour cela, équilibrer la pression aussi bien celle du dessous, venant des poumons, que celle du dessus, venant de tout mouvement imposant une direction au larynx. Voir le schéma.
  4. Pour bien chanter, il faut donc aussi bien être à l’écoute de sa musique qu’être à l’écoute de son corps. On va donc travailler à avoir de multiples sensations intérieures, les plus fines possible.

Le travail de pose de la voix.

Selon la hauteur des sons, vous allez utiliser divers registres dans votre voix, essentiellement la voix de poitrine et la voix de tête.

Il existe deux autres registres mais qui sont peu employés : le registre du fry (ou strohbass) pour les sons très très graves, et le registre du sifflet ou flageolet, pour les sons très très aigus. Je ne m’y attarderai donc pas.

Le registre de poitrine :

Il concerne les sons graves et est appelé de cette manière parce que l’on sent les sons résonner dans la poitrine. Ici, les cordes vocales sont utilisées sur toute leur longueur, en étant peu tendues, et très vibrantes. Elles sont courtes et épaisses.

Le registre de tête :

Les cartilages du larynx (Miller)

Appelé ainsi parce que les notes résonnent plus en tête. Ici, les cordes vocales sont plus fines, tendues. La longueur vibrante est moins importante que dans le registre précédent. On va s’aider pour cela de la bascule du larynx, qui va permettre d’allonger énormément les cordes vocales, et ce qui permettra aussi de chanter aigu sans risque de forçage. Pour cela la proéminence antérieure (=pomme d’Adam) du larynx s’abaisse vers le cartilage cricoïde, faisant ainsi disparaître le petit trou entre la pomme d’Adam et la trachée.

Il est donc absolument impossible de chanter aigu avec la tête relevée et penchée vers l’arrière, rendant totalement impossible cette bascule du larynx.

Unifier ces deux registres :

Le travail de pose de la voix va permettre d’utiliser parfaitement ces registres. On va apprendre à passer de l’un à l’autre sans problème, la zone de passage se situant aux alentours du mi-mi bémol selon votre tessiture.

Voici un extrait du Fantôme de l’Opéra (comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber). Je l’ai choisi pour l’utilisation de la voix de poitrine au départ, et le passage en voix de tête. Le morceau entier est très étendu puisqu’il couvre deux octaves et demie. Il voyage sans arrêt entre la voix de poitrine et la voix de tête. Et pour finir, on arrive dans le registre de sifflet avec des notes suraiguës (mi 5 !!!). Dans cette extrait vous n’avez qu’une octave et demie (du sol 2 au ré 4).

Les zones de résonance :

Mais placer sa voix, ce n’est pas qu’utiliser ces registres, c’est aussi apprendre à ressentir les diverses zones de vibration. Grâce à ces sensations, vous pourrez amener le son exactement là où on veut (voir le schéma), tout en s’aidant d’une respiration bien conduite. Ainsi vous optimisez le volume obtenu sans forcer sur vos cordes vocales. Et le timbre est bien amélioré.

En résumé :

Il va donc falloir être patient. Cela ne pourra pas se faire sans chanter souvent pour apprendre à ressentir les divers éléments de sa voix et faire ses propres expériences. Ecoutez beaucoup de bons chanteurs, de tout style. Chantez avec eux, et prenez un bon professeur, à votre écoute.


Pour en savoir plus : Vidéo sur le larynx

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *