Se réapproprier son corps avec le chant.

Rien de mieux que le chant pour se réapproprier son corps.

La vie nous amène parfois à nous éloigner de nos sensations, avec beaucoup de difficultés à vivre bien ancré dans notre corps. Les traumatismes peuvent être tellement violents qu’on s’est réfugié totalement dans sa tête. On vit ainsi dans une sorte de tour d’ivoire qui nous éloigne du monde, dans une fausse protection.

Pour les besoins techniques d’un aussi merveilleux moyen d’expression que le chant, nous devons apprendre à écouter les moindres de nos sensations. C’est le prix de la liberté de notre voix ! Et par la liberté de notre voix, nous acquérons en même temps notre propre liberté.

Cela peut nous demander un gros travail et beaucoup de courage, mais le jeu en vaut la peine ! Je me demande même si le chant ne m’a pas sauvé la vie.

A la rencontre de notre corps

La posture debout pour le chant
Posture debout pour le chant

Lors des premiers cours, les élèves sont toujours surpris de la complexité du travail du chant. La liberté du geste vocal s’obtient en travaillant en souplesse dans de multiples endroits en même temps, tout en gardant le dynamisme et l’énergie nécessaire au chant.

On va donc apprendre à être vigilant sur de multiples sensations. Au début, tout paraît compliqué et parfois insurmontable. Mais petit à petit, pour peu que l’on soit bien guidé, les sensations prennent vie et l’on entend le résultat : voix plus ronde, plus aisée et tellement moins fatigable.

Se réapproprier son bassin et tout le bas du corps.

La première des choses à apprendre est le contrôle du souffle. On va donc travailler sur la cage thoracique, mais surtout avec le bassin : avec son ventre, son dos, le plancher pelvien et le périnée.

Il faut savoir donner juste la quantité de souffle nécessaire, tout en le laissant circuler sans blocage. Et parfois avec une énergie extraordinaire selon les morceaux choisis.  Tout cela pour exprimer la juste émotion, en parvenant à la laisser sortir sans en être tout chamboulé.

monstre marin images free dreamstime
Apprivoiser ses monstres : ici, un monstre marin

C’est que le bassin est le siège des émotions , parfois très profondément enfouies. Le diaphragme est le couvercle de cette boite de Pandore, dont a parfois peur de ce qui va sortir ! Mais le chant sublime les démons qu’on pourrait réveiller… Il y a beaucoup de bienfaits à en tirer.

On va travailler avec le diaphragme qui devient ascenseur entre ce monde enfoui et celui qu’on va refaire émerger. On doit en contrôler très soigneusement vitesse et puissance de mouvement pour s’adapter à la musique.

Se réapproprier sa bouche

Et on continue un peu plus haut avec les sensations buccales, tellement importantes pour le chanteur.

Larynx, pharynx et bouche
Larynx, pharynx et bouche

Il y a les sensations de la langue contre les dents, le palais, pour la prononciation, le travail des lèvres.

Et  puis l’utilisation de la partie arrière du palais, le palais mou, qui va diriger le son vers les résonateurs, dans le nez ou le pharynx, ou dans la gorge.

On va s’apercevoir qu’à un millimètre près, selon la position, la voix va être facile, ou bien nasillarde ou gutturale. Que la bouche est toute pleine de vibrations qu’on peut diriger de multiples façons. Et selon les directions données, on va aussi avoir le reste du corps qui vibre !!!

Se réapproprier tout son corps par le rythme

 width=
Danser sur la plage

En même temps que l’on va sentir ces vibrations dans le corps et la mélodie qui nourrit nos émotions, on va également travailler le rythme.

C’est que là, dans notre civilisation française un peu trop policée, surtout chez les plus anciens, on va s’attaquer à un gros pavé !

Le seul moyen pour bien sentir le rythme, c’est se mettre de la musique, un peu fort et danser ! N’importe comment, pas d’importance, mais bouger sur la musique. Le bassin, les épaules, les bras, la colonne vertébrale, la tête, tout le corps.

Pour certains, cela est facile, pour d’autres moins. Et si vous n’êtes pas en forme, dansez assis ! Basculez à droite et à gauche, et en faisant cela régulièrement, le corps va finir par ressentir la musique : dans les pieds, les jambes, le ventre et tout le reste.

En résumé, le chant va nous aider à habiter chez nous, à nous sentir comme des arbres : les pieds avec des racines bien ancrées dans le sol et la tête dans le ciel.


Crédits photos :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.